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L'Epopée du Mhiri (Ligue 1) 4ème Journée Retour - Stade Taïeb-Mhiri. CSS-EST 1-2 (mi-temps 0-2). Arbitrage de M. Issam Abdelfettah (Egypte).
Buts de Ltifi (5’ s.p. et 42’) pour l’EST, Koissy (67’) pour le CSS.
EST : Kasraoui, Ben Radhia, Bekri, Nwaneri, Badra, Mahjoubi, Olivier (Ben Younès 71’), Marcos (Zaïem 76’), Melki, Ltifi, Zitouni (Kasdaoui 90’ + 2).
CSS : Jaouachi, Haj Messaoud, Gharbi, Abdi, Merdassi, Boujelbène, Mrabet (Tarek Salem 46’), Brahima, Nafti, Sellami (Essafi 44’ puis Gomis 65’), Koissy.
Le stade Taieb Mhiri a été le théâtre dimanche 25/12 d’une très belle empoignade entre nos Sang et Or leaders de la compétition et un de leurs principaux challengers à savoir le CSS champion en titre de surcroît. Ce plateau de choix a permis au public présent de déguster un spectacle de qualité et les nombreux fans espérantistes qui ont fait le voyage à Sfax se sont véritablement régalés.
Pourtant avant la rencontre les deux équipes présentaient un tableau de marche sensiblement différent. Certes l’EST était leader mais son dernier nul à domicile contre le CAB avait fait surgir les critiques et laissé entendre un son de cloche contestataire chez une frange de son public : l’EST n’arrivait pas à passer la vitesse supérieure et commençait à faire du surplace dans cette compétition extrêmement disputée. Le CSS malgré son faux pas à domicile contre le ST a vite fait de se ressaisir et a frappé un véritable baroud d’honneur devant son public contre l’ESZ (4 buts et une très belle prestation). Le match aller ayant opposé les deux équipes s’était soldé par une nette victoire espérantiste (3 -1 ) ce qui n’a pas empêché le coach Sfaxien de déclarer que « le CSS n’avait rien appris au niveau du jeu » et que « la victoire n’est pas revenue au meilleur sur le terrain ».
Bref un petit air de revanche flottait sur le Mhiri, l’ambiance était électrique et tous les prémices d’un beau duel étaient là. Et de l’émotion il y en a eu cette après midi là. Le tableau d’affichage au coup de sifflet final annonçait une victoire espérantiste que peu de gens prédisaient même si les supporters sang et or l’espéraient de tout leur cœur. Ceux-ci ont prouvé par la même occasion leur fidélité à toute épreuve aux couleurs de leur club et ont pleinement contribué à cette victoire probante.
Un début en fanfare
La formation rentrante côté espérantiste laissait deviner les intentions de Ben Yahia : l’EST voulait la victoire et se présentait dans un dispositif tactique concocté pour bloquer d’une part la manœuvre CSSiste au milieu du terrain véritable point fort de l’équipe et déclencher d’autre part des attaques rapides avec comme fers de lance Zitouni et Ltifi sur les flancs de la défense Sfaxienne soutenus par Santos comme point d’appui au centre.
Le résultat ne se fit pas attendre et le début de la rencontre donna le ton du match : le CSS voulait asphyxier son vis-à-vis dès les premières minutes et Kasraoui se mit en évidence à la (3’) en s’opposant à Koissy en bonne position suite à une passe lumineuse de Mrabet. La contre attaque qui a suivi cette action vit Olivier décaler merveilleusement Santos dans le dos de la défense Sfaxienne (4’). Celui-ci dribbla le gardien Sfaxien qui le faucha dans la surface de réparation offrant ainsi une occasion inespérée aux Sang et Or pour mener au score. Ltifi exécuta un penalty imparable et mit son équipe sur orbite dès la (5’).
Le CSS piqué au vif voulut revenir au score rapidement mais pécha par précipitation n’arrivant pas à concrétiser ses attaques incessantes surtout sur le flanc droit de la défense Espérantiste où Ben Radhia avait beaucoup de mal contre Nafti. A la (15’) Badra s’illustra en détournant en corner un tir bien placé de Brahima suite à un décalage de Koissy. La défense Sang et Or eut chaud l’espace de quelques minutes mais tint bon et Kasraoui se chargea de la soulager en captant tous les ballons aériens qui traînaient dans sa surface. L’arbitre Egyptien sifflait énormément de fautes en faveur du CSS et l’engagement physique des 22 acteurs atteignit son paroxysme le CSS voulant coûte que coûte revenir au score et l’EST se dépensant sans compter notamment dans les duels. Tandis qu’Olivier marqué de près n’arrivait pas à se mettre en évidence au milieu, Melki et à un degré moindre Mahjoubi ratissaient un nombre incalculable de ballons.
Ltifi force le destin
L’EST ne faisait pas que défendre et sur une belle échappée côté droit de Zitouni celui-ci centra au cordeau pour Santos qui plaça une belle tête difficilement captée par Jaouachi (29’). Nwaneri qui effectuait sa rentrée après une longue absence vit sa reprise consécutive à un coup franc tiré par Melki raser la barre transversale de Jaouachi. Alors que le coup de sifflet annonçant la mi-temps approchait le deuxième coup de théâtre du match eut lieu : le CSS toujours aussi entreprenant dans sa manœuvre rata encore une fois le coche et le tir de Gharbi flirta avec le poteau de Kasraoui (41’). Le scénario du premier but espérantiste fut réédité puisque sur le contre qui a suivi Olivier encore lui décala intelligemment sur le côté gauche Ltifi. Ce dernier voyant Jaouachi avancé adressa un centre tir vicieux qui le loba et alla se loger dans la lucarne signant ainsi juste avant la mi-temps un doublé et confortant l’avance sang et or dans ce match (42’). Plus tard Ltifi avouera que son « chef d’œuvre » ( à la manière de Adel Chedli pour le match couperet des éliminatoires de la coupe du monde contre le Maroc) n’était pas prémédité. Jaouachi dépité nous gratifia après la rencontre d’une déclaration dont lui seul a le secret avouant son incrédulité face à un tel but qui lui a « brisé les os » au sens propre comme au figuré. L’euphorie déferla telle une vague géante sur les tribunes espérantistes alors qu’un nuage de stupeur enveloppait les travées des supporters Sfaxiens. Ce second but traduisit le réalisme sang et or et montra les immenses qualités de la perle Ltifi.
Une bataille acharnée
La reprise était très prometteuse et tout le monde s’attendait à une réaction d’amour propre des locataires du Mhiri. Ben Yahia ne changea pas d’un iota son onze alors que Decastel incorpora le vieux briscard Essafi à la place de l’inexpérimenté Hamza Sellami. Tarek Salem suppléa par ailleurs Mrabet qui péchait par un excès de nervosité.
Le jeu reprit et monta vite en intensité et le CSS continua à attaquer par vagues successives surtout sur les côtés où notre défense trouvait quelques difficultés. Zitouni dans son contre emploi de prédilection faisait de son mieux pour épauler Ben Radhia sur le côté droit mais n’empêchait pas la manœuvre Sfaxienne qui s’obstinait à vouloir passer par là.
Une première alerte vit Brahima rater le cadre alors qu’il était en bonne position à l’orée des 16 mètres (47’). La tête de Koissy devant une cage vide donna des sueurs froides à notre galerie (60’). L’emprise du jeu étant de plus en plus Sfaxienne Ben Yahia tarda à réagir. Le but chauffait et il finit par arriver suite à un centrage de Haj Massaoud qui trouva Koissy étrangement seul au deuxième poteau (67’). Ben Radhia a été entre temps lobé par le centrage et Kasraoui anticipa au premier poteau laissant Koissy placer sa tête tranquillement dans les filets désertés.
Ce but inévitable chauffa l’ambiance côté Sfaxien mais la défense Espérantiste encaissa rapidement le choc et résista dans les minutes qui suivirent. Tarek Salem a failli juste après égaliser et vit son tir passer de peu à côté du poteau gauche de Kasraoui. Ben Yahia se rendit à l’évidence que des changements s’imposaient afin de contrer la furia de l’adversaire et conserver le mince avantage chèrement acquis. Deux changements coup sur coup furent effectués : la rentrée de Ramzi Ben Younès en remplacement de Olivier et celle de Zaiem à la place de Marcos ont eu le résultat escompté puisque l’étreinte de l’adversaire se desserra rapidement. La défense espérantiste qui subissait tout le poids de la rencontre fut soulagée et l’apport de Zaiem se fit immédiatement sentir au milieu donnant de la consistance au travail de récupération et de relance. Ltifi eut même le troisième but au bout des pieds quand au prix d’un bel effort personnel il s’est défait de ses deux anges gardiens et décocha un superbe tir qui échoua malheureusement sur le poteau d’un Jaouachi impuissant. La fin de la rencontre vit le CSS continuer à attaquer sans conviction et l’EST gérer son avance tranquillement jusqu’au coup de sifflet final.
Capitaliser sur la victoire
Ce fut donc une excellente performance enregistrée par les Sang et Or sur des terres réputées hostiles et devant un adversaire valeureux. Ben Yahia avait de quoi être fier de la prestation livrée par ses joueurs qui ont allié discipline tactique, rage de vaincre et intelligence dans le jeu. Il est vrai que l’équipe a beaucoup défendu et peu construit dans cette rencontre par rapport à son adversaire mais la physionomie du match s’y prêtait surtout après l’avantage au score acquis très rapidement. Le retour de Nwaneri malgré ses débuts hésitants a été concluant en comparaison avec les prestations en demi-teinte de Jabeur ces derniers temps. Ltifi continue quant à lui à briller de mille feux dans les matches chocs alors que Melki honora convenablement son rôle de capitaine courage.
L’EST a su ainsi négocier un des virages les plus difficiles de la compétition face à un concurrent direct. Son réalisme laisse augurer de bons présages pour la suite des péripéties de ce championnat. Le capital confiance des joueurs a été certainement consolidé et le coach Ben Yahia pourra continuer à travailler afin de faire progresser ses poulains . La trêve que connaîtra la compétition ainsi que les recrutements envisagés permettront de rectifier le tir en ce qui concerne les lacunes identifiées ici et là mais l’avenir s’annonce sous de bons auspices pourvu que le groupe connaisse la sérénité nécessaire pour son épanouissement. |