 C'est une Espérance new look qui s'est présentée sur le rectangle vert avec un paquet de bonnes intentions. Le public espérantiste, toujours au rendez-vous, attendait avec impatience la première sortie de son équipe après le feuilleton du mercato et une énième coupure du calendrier. Le Derby tunisois est toujours une affiche alléchante. Mais, ne nous le cachons pas, la supériorité espérantiste dans ce débat était claire sur le papier.
Cela s'est traduit des les premières minutes avec un collectif espérantiste homogène, discipliné tactiquement, et très entreprenant : Permutations, combinaisons, renversements, provocation balle au pied, l'Espérance offre un véritable récital que les joueurs stadistes, à défaut de pouvoir mettre le pied sur la balle, ont eu l'occasion d'admirer. Le Stade affiche quant à lui un jeu stéréotypé et attentiste, le danger venant principalement par le couloir droit .Le duo Cherni/Khmir marche bien et se voit bien complété par Selliti qui multiplie les appels. Ceci cause des soucis à la défense centrale espérantiste qui pêche par une certaine lourdeur. Elle en paie le prix avec deux penalties concédés, alors qu'une multitude d'occasions de buts sont offerts sur un plateau à un Selliti qui n'en demandait pas tant, sûrement lui-même surpris des espaces concédés par Jaber et le manque de couverture du duo Souissi-Achour. Badra, lui, en patron, a présenté 30 minutes de qualité avant de se faire expluser. D'ailleurs, parlons-en de cet arbitrage qui a remis une copie médiocre, avec une foule de fautes non sifflées, un laxisme certain envers le jeu dur, un carton rouge dans des circonstances houleuses, des fautes d'appréciations sur les situations de hors-jeu, et au moins un pénalty très discutable. On parle ici du deuxième penalty stadiste. L'assistant, à quelques mètres de l'action, ne bronche pas, approuvant l'intervention qui semble régulière de Jaber, les deux pieds devant certes, mais les deux pieds sur le ballon, sans être en contact avec Berrbat. Tandis que l'arbitre principal, à une quarantaine de mètres et donc à une distance appréciable de l'action, décide que la faute est indiscutable et siffle le pénalty.
La révélation Ben Mansour
Revenons au match. Chapitre satisfactions, on ne peut passer sous silence la révélation Ben Mansour. Lucide et tranchant, il a été souvent le point de départ de l'action espérantiste. Il défend juste, de la tête et des pieds, son bon gabarit l'aidant grandement. Durant une heure de jeu, avant d'avancer comme en faux ailier, il accompagne son vis à vis stadiste, Khmir, comme son ombre, tandis qu'en phase offensive il n'hésite pas à sortir quelques jolis crochets bien dosés et à distiller des passes justes. Beaucoup de culot pour ce jeune homme que le large public découvre, possédant une qualité de centres et de dribbles intéressante également. A la fin du match, il se mute en faux ailier occupant à lui seul le couloir gauche et s'acquittant de cette tâche avec brio.
La machine du milieu
Devant, Souissi s'occupe du travail ingrat de destructeur, alors que Achour est fidèle à lui-même en métronome du milieu. Darragi, dans une configuration un peu bizarre, cantonné à son couloir gauche la première mi-temps, a pu quand même se démarquer, enroulant une belle frappe des 20 mètres qui est passée à un cheveu de tromper le keeper stadiste.Trés bon avant la pause, effacé après, il sera remplacé malgré une sortie honnête, ponctuée par un beau but de la tête sur corner, sa marque de fabrique depuis peu. Manquant de percussion sur le couloir aujourd'hui, alignant le bon et le moins bon dans ses dernières sorties comme régisseur classique, Darragi est un atout certain pour l'équipe mais il peine encore à trouver ses repères et à s'exprimer pleinement. Un dossier à régler au plus vite par notre staff au risque de voir ce talent certain sombrer dans l'anonymat.
Tayeb, à droite, faisait de son mieux, rageur et présent dans les duels, mais manquant de technicité. Il se rachète néanmoins sur l'ouverture du score. En exploitant sa vitesse, il fonce à droite, contrôle bien un centre-tir de Bienvenu, et s'applique pour la mettre au fond, d'un tir sec. Plus, son apport fut vital quand l'équipe jouait à dix, assurant une bonne couverture en enchaînant les courses sans rechigner. Le duo d'attaque quant à lui, se révélait d'une complémentarité intéressante. Bienvenu, s'acquittait de la tâche de demi pointe avec brio, harcelant la défense adverse et osant quelques dribbles déroutants. Michael, en tour de contrôle, se battait sur chaque balle avec beaucoup d'envie, entreprenant mais sans réussite, ratant la cage à plusieurs reprises.
Kasraoui : Le retour
Dans l'autre cage, Kasraoui se donnait des airs de grand, avec des sorties aériennes propres et une présence énorme dans les duels, rassurant sa défense à plus d'un titre. Il a arrêté Selliti sur un penalty avant de faire le break à la 75ème. Il sauve la balle de match alors que Berrbat l'avait à sa merci. On ne peut rien lui reprocher sur le pénalty concédé ni sur le deuxième but, Selliti laissé seul par le trop passif Jaber. Ce dernier n'arrête d'ailleurs pas de montrer ses limites, se faisant un devoir depuis belle lurette d'alterner le passable et le catastrophique dans le même match. Copie presque parfaite pour Kasraoui, de quoi apaiser les inquiétudes que son rendement en dents de scie a provoqué récemment. Espérons que son passage à vide est fini pour de bon.
Deuxième mi-temps et touche finale
L'histoire de la deuxième mi-temps se résume en deux phases de jeu, les stadistes sont attentistes et jouent le contre malgré leur supériorité numérique, puis se retranchent rapidement afin de museler le duo d’attaque Bienvenu-Michael. Les Sang et or sont de leur coté armés d’une grande volonté de bien faire, ils mettent la balle au sol et multiplient les combinaisons.
Ceci dit, l'inénévitable se produit. Emoussé par tout le travail offensif entrepris et par le facteur de l'infériorité numérique, le collectif espérantiste semblait impuissant après la parité, déchiré entre protéger un résultat nul bon à prendre dans les circonstances, et prendre plus de risques pour arracher une victoire qui semblait méritée. C'est là que le coaching du duo Cabral/Kanzari vint à la rescousse avec l'incorporation de Bouazzi à la 75ème minute, et de Msekni à la 80ème minute. Ce duo a réussi à donner plus d'élan au jeu espérantiste, pourvoyant Michael de quelques opportunités, le point d’orgue étant la jolie pichenette de Msekni vers le nigérian, après un gros travail de Bouazzi sur la droite. Belle action malheureusement signalée hors jeu, mais qui laisse entrevoir ce que ce duo pourrait apporter comme touche technique au jeu du club. Un duo "joker" qui a la capacité de renverser le sort d’un match. D’ailleurs ce fut confirmé à la 89ème avec un coup franc provoqué sur le côté gauche de la défense stadiste. Balle bien tirée dans le paquet, il s'en suit une (voir deux) faute(s) sur les attaquants espérantistes dans la surface. La sanction tombe, et Michael s’est occupé à rendre, sur pénalty, une victoire qui a failli échapper à l'Espérance par le même moyen. On retiendra de ce match plein de satisfactions, mais aussi des lacunes flagrantes, qui ne font que se confirmer match après match. Malgré tout, on peut dire que ce match est le genre de matchs qui forgent une équipe, qui l'unissent et qui lui donnent un élan et une mentalité de vainqueur. C'est la victoire du caractère et de la détermination.
Compte-rendu écrit par baron esperantiste
Feuille du match
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